NOM DE DOMAINE
: QUELLE PROTECTION
?
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Qu'est-ce qu'un nom de domaine ?
Précédé des signes
<http:/www.> et terminé par une
extension
(.com, .fr, .org, et autres...), c'est un mot ou groupe
de mots qui servent à identifier un site et constituent une adresse
mémorisable (plus facilement que l'adresse chiffrée
IP) pour se connecter à un site Internet. A l'instar du panonceau
enseigne d'un magasin, le nom de domaine est "l'enseigne" du site.
C'est pourquoi on peut parler de signe distinctif au même titre que
le sont les marques, enseignes, slogans, logos qui servent de ralliement
de la clientèle.
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Cybersquatting, enregistrement de marques à titre de noms de
domaine par leurs affiliés, les promoteurs et réseaux et titulaires de
marques ont du fil à retordre. La sécurité concernant leurs droits de
propriété industrielle se heurte à une double difficulté : Internet,
univers libre et sauvage, et l'absence à ce jour de textes légaux leur
assurant de façon certaine une protection juridique
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Doubler son dépôt de marque à l'INPI par un
dépôt en NOM
DE DOMAINE :
La jurisprudence actuelle rend le dépôt de votre
marque à l'INPI dans la classe 38 (communication & prestation de services
électroniques) inutile : c'est le contenu du site qui détermine ou non un
cas de contrefaçon ou de parasitisme.
Il faut enregistrer la marque auprès des
organismes de "nommage" (AFNIC pour le .fr, INTERNIC pour le .com, etc...) ce
qui peut s'effectuer par Internet et pour un coût raisonnable.
Cet enregistrement est régi par des règles
nationales et internationales qui - si elles n'étaient très simples -
contrediraient l'idée suivant laquelle Internet est une zone de non droit.
Ces règles
sont très simples puisqu'il faut
et il suffit pour enregistrer un nom en nom de domaine qu'il n'ait pas
jusque-là été enregistré sous l'extension. C'est la règle du premier
arrivé/premier servi qui prévaut.
D'où les abus de certains spéculateurs peu
scrupuleux qui, profitant du manque de diligence des entreprises, se sont
appropriés leur nom en le déposant comme nom de domaine et privant ainsi le
titulaire du droit d'utiliser sa marque comme adresse Internet, sauf, et
c'est l'objectif poursuivi, à le leur racheter ...
Il faut donc penser à doubler ses dépôts INPI
d'un enregistrement en nom de domaine. Pour certaines marques, il peut être
utilement recommandé d'enregistrer des noms approchants, phonétiquement et
orthographiquement, et cela sous les différentes extensions les plus
courantes (.com, .fr, .net,...).
En savoir plus :
En cas d'usurpation, quels recours ?
L'antériorité du nom de domaine sur la marque
Voir
également la publication de Maître Nathalie CASTAGNON
" INTERNET et RESEAUX DE DISTRIBUTION :
lequel des deux contractants doit-il solliciter l'autorisation de l'autre pour
créer un site Internet ?"
Revue du Jurisclasseur Contrat Concurrence Consommation octobre 2003
En cas d'usurpation, quels recours ?
Plaçons-nous dans la désagréable hypothèse où vous vous apercevez que votre
marque est utilisée et donc enregistrée comme nom de domaine par un tiers.
Il convient de savoir si un site est bien exploité sous cet enregistrement,
et si oui pour quels produits ou services.
Devant une pratique purement abusive consistant à inscrire la marque comme
nom de domaine, non pour exploiter un site mais à la seule fin de revendre
cette inscription à son titulaire, la jurisprudence habituelle sanctionne
l'usurpateur, sur le fondement de la contrefaçon.
S'agissant de l'hypothèse où un site serait bel et bien exploité sous le
nom, la question est plus délicate car le juge ne sanctionnera pas forcément
le déposant du nom de domaine, mais s'attachera d'abord à l'examen de son
site. Sur le terrain du droit des marques, et donc notamment la contrefaçon,
la plainte ne sera accueillie que pour autant que le site couvert par le nom
de domaine litigieux est susceptible de créer une confusion dans l'esprit du
public qui croit accéder au site du titulaire de la marque. Autrement dit,
le site doit concurrencer les produits ou services que le titulaire de la
marque avait désigné sous ce nom (principe dit de spécialité : le nom est
protégé dans les classes de produits désignées par le titulaire)
Cela
signifie encore que si le site en cause ne concerne pas des produits ou
services couverts par le dépôt INPI, le titulaire ne pourra invoquer
l'action en contrefaçon, ou en concurrence déloyale, à l'encontre du
déposant de sa marque comme nom de domaine (jurisprudences ayant débouté les
titulaires :
Zebank
CA Versailles 22/11/2001;
Saveurs-senteurs-création
TGI Nanterre 21/01/2002; Locatour.com
TGI Paris 9/07/2002; Leonardo
TGI Nanterre 28/05/2001)
Il
existe donc un réel danger à voir sa marque valablement déposée par un tiers
comme nom de domaine, et donc rendue désormais indisponible pour le
titulaire pour nommer son site Internet. Il lui restera à proposer au
déposant du nom de domaine le rachat de son enregistrement (affaire Vivendi
pour Vivenzi.com)
Les
marques notoires jouissent cependant d'une protection plus grande dans la
mesure où les juges n'examinent pas le contenu du site litigieux pour
déduire que cet usage constitue une contrefaçon ou autres faits de
concurrence déloyale (parasitisme) Le fait en effet d'enregistrer une marque
connue comme nom de domaine dénote à l'évidence une volonté consciente
d'exploiter de façon injustifiée cette notoriété.
Comme
toujours, mieux vaut donc prévenir tout risque et enregistrer sa marque
comme nom de domaine.
L'antériorité du nom de domaine sur la marque
Le nom de domaine, nouveau-né, revendique
toujours plus haut et plus fort sa place dans la reconnaissance de droits.
La jurisprudence a consacré sa valeur, en annulant des marques déposées sur
des noms couvrant des sites exploités antérieurement : dans les affaires
Oceanet (TGI Le Mans 29/06/1999) et Vie.com (CA Paris 18/10/2000) les
déposants de noms de domaines se sont avec succès opposé à l'enregistrement
par des tiers du nom comme marque. Les juges ont estimé que l'antériorité de
l'exploitation du nom sur un site s'opposait à la validité d'un
enregistrement comme marque auprès de l'INPI. La condition de l'antériorité
suppose donc que le site soit exploité avant l'enregistrement du nom usurpé
comme marque.
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